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Permaculture: solution contre les pesticides

par ophelyia, jeudi 05 août 2021, 03:09 (il y a 1738 jours) @ ve2 lom

Voici le reportage de 2014 de l'émission La Semaine Verte de Radio-Canada sur le verger de Stefan Sobkowiak, le verger des Fermes Miracles à Saint-Anicet au Québec. Stefan Sobkowiak, biologiste de formation, a été professeur de production fruitière et d'architecture du paysage à McGill. Il a développé, à Saint-Anicet, un verger de permaculture, un verger dans lequel les différentes sortes d'arbres fruitiers sont mélangées ce qui lui permet d'avoir une bonne production sans l'utilisation de pesticides mais c'est une production diversifiée (pommes, poires, prunes, cerises,...), on est loin de la monoculture. Il y a aussi des arbres non-fruitiers et des plantes vivaces pour assurer un équilibre naturel dans son jardin.

SOURCE: Émission La Semaine Verte
Verger des Fermes Miracle Farms, la Permaculture (Saint-Anicet)
https://www.youtube.com/watch?v=zn6v5cLhRTw

Voici un extrait d'une entrevue avec Stefan Sobkowiak:

''(...) Stefan Sobkowiak : Comme je le disais, nous avions acheté une ferme conventionnelle pour entamer immédiatement une transition vers le biologique. À l’époque, on était cinq ou six producteurs de pommes biologiques au Québec . Puis, j’ai réalisé assez vite que le biologique, estimé à ce moment-là comme le summum, n’était pas pour moi, disons, au point de vue écologique, ce qu’il y avait de mieux.

Un de mes professeurs à l’Université McGill, Stuart Hill, disait tout le temps que ce dont on a besoin, c’est d’un modèle agricole de redesign, qu’il faut reconcevoir toute notre approche. C’était son discours dans les années 1980, avant qu’on ne parle de permaculture. Il disait aussi que l’agriculture biologique était un modèle de substitution : on remplaçait un pesticide ou un engrais de synthèse par un pesticide ou un engrais biologique, sans repenser les bases de la pratique.

Je me suis dit alors : « Ah oui, c’est vrai, en ne faisant que substituer les produits, on fait perdurer une approche qui comporte d’importantes faiblesses ». L’agriculture biologique, selon moi, ne devait pas avoir recours aux insecticides, aux fertilisants. J’ai donc cessé d’en faire usage, et j’ai perdu le quart de mon verger... Dure leçon de réaliser finalement que cet écosystème n’était pas aussi résilient qu’on était portés à le croire. Il y a de bons exemples en agriculture biologique, car il y a toute une diversité de pratiques. Pour ma part, ma réflexion me poussait à dire : « Ma foi, ce n’est pas encore la solution! »

En 1990, je suis tombé sur le livre Permaculture: A Designers' Manual de Bill Mollison. J’ai dévoré cet ouvrage, à la base d’un cours universitaire. Là, je me suis retrouvé chez moi, d’autant que le cheminement de Mollison était très semblable au mien. Biologiste, il avait été pêcheur et forestier, et il avait développé une sensibilité pour les écosystèmes : la permaculture, comprendre l’écosystème, les cycles, du micro au macro, du travail des insectes au ruissellement des eaux…

J’ai assez rapidement commencé à enseigner la permaculture et, plus pratiquement, la manière de réaliser un verger permaculturel. Mais quand je retournais chez moi et que je regardais mon verger biologique de monoculture de pommes, je me sentais hypocrite. J’ai compris qu’il fallait changer radicalement ma manière de produire. J’ai tout arraché et replanté.

Découvrir : Comme diraient les psychologues, vous étiez en dissonance.

Stefan Sobkowiak : Exact, c’est le mot. En anglais, on dit congruency.

Découvrir : Oui, congruent, on le dit en français aussi.

Stefan Sobkowiak : Voilà, ce n’était pas congruent.

Découvrir : Comme humains, on a un tel impact sur la nature qu’il faut devenir des « ingénieurs » de la nature. Il faut assumer cette reconstruction, et à l’échelle de l’écosystème.

Stefan Sobkowiak : Oui, et même repenser les termes pour en retrouver ou en enrichir le sens. Si je dis verger, vous imaginez comme Québécoise une plantation de pommiers. Et c’est la même réaction partout où j’enseigne à travers le monde. Par exemple, en Nouvelle-Zélande, ils imaginent tout de suite un verger de kiwis...

Le mot verger est devenu associé à de la monoculture. Dans les écrits d’ici d’avant 1850, quand il est question de vergers, on trouve des pommes, des poires, des prunes, des cerises. Au Québec, aux 18e et 19e siècles, c’était donc toujours des vergers « diversifiés ». On observait aussi dans ces vergers toute une faune domestique, des vaches, des moutons et des poules, et parfois des cochons. Les insectes piquaient quelques fruits, les fruits tombaient, et les animaux les mangeaient. Cette partie de la production n’était pas « perdue ». Les récoltes étaient intéressantes, les arbres étaient fertilisés par les animaux, divers cycles s’entrecroisaient, ça fonctionnait plutôt bien. Une dynamique naturelle qu’on a tout simplement oubliée. On s’est pas mal compliqué la vie, en fait !
La monoculture a été introduite au 20e siècle au moment de l’arrivée des produits pour contrôler les insectes. On pouvait alors ne cultiver que de la pomme parce qu’on pouvait maîtriser le problème d’insectes qu’on créait ainsi.''

SOURCE: Acfas Magazine
La permaculture ou comment coconstruire avec la nature : entretien avec Stefan Sobkowiak
https://www.acfas.ca/publications/magazine/2018/11/permaculture-comment-coconstruire-na...

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