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Des aînés retenus dans leur résidence contre leur gré

par Jeromec, dimanche 13 juin 2021, 16:58 (il y a 1791 jours)

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Pour les ''Boomers'' qui pensent aller en résidences pour personnes semi-autonome.... pensez-y à deux fois... vous risquez de tomber sous les griffes de la CAQ... qui ne sont pas reconnus pour être les pogos les plus dégelés de la boîte...


https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1800622/policiers-sq-residence-aine-prive-mesures-...

Des aînés retenus dans leur résidence contre leur gré

Félix Morrissette-Beaulieu
2021-06-12 | Mis à jour hier à 20 h 45

Deux octogénaires qui voulaient quitter leur appartement quelques semaines ont reçu un appel de la Sûreté du Québec (SQ) visant à les retenir à leur résidence pour aînés de Montmagny. Pour en sortir, le couple a dû demander l’intervention du cabinet de la ministre responsable des Aînés Marguerite Blais.

Pierre Lagacé et Denise Léonard, 85 ans, sont autonomes et en bonne santé. Ils demeurent à la résidence Mgr Deschênes, à Montmagny, propriété du groupe Les Résidences des Bâtisseurs.

Le 12 mai, alors que la résidence était aux prises avec une éclosion de COVID-19 et que la région de Chaudière-Appalaches comptait 94 nouveaux cas, ils ont informé la direction de leur intention de partir pour une durée de quelques semaines. Ils voulaient fuir l'éclosion et passer du bon temps.

Au préalable, ils avaient passé un test de dépistage qui s'est avéré négatif. Pierre a reçu ses deux doses de vaccin, mais Denise affirme qu'elle a refusé de se faire vacciner en raison de son passé médical.

"Quand j’ai vu qu’il y avait sept [cas] sur mon étage, on a voulu s’en aller pour se sauver [de la] COVID", témoigne Mme Léonard.

Policier et agent de sécurité

Selon eux, la direction de la résidence aurait tenté de les empêcher de mettre leur plan à exécution.

Peu après avoir fait part de leur intention de quitter la résidence, le couple dit avoir reçu un appel de la Sûreté du Québec. Pierre Lagacé et Denise Léonard racontent que le policier les a informés qu’ils seraient interceptés s’ils tentaient de sortir.

"On est abasourdis. [...] On n’est pas des criminels, on n’a rien fait, on s’en va [de la résidence]", indique Mme Léonard.

Je ne me suis jamais fait arrêter par la SQ de ma vie! De voir quelqu’un qui nous menace de nous arrêter, ça m’a réellement traumatisé.
Une citation de :
Pierre Lagacé

Le couple précise qu’un agent de sécurité a aussi été assigné à son appartement après les évènements.

"La confidentialité nous empêche de parler d’une situation spécifique concernant nos résidents", répond par courriel la porte-parole du groupe Les Résidences des Bâtisseurs Kristel Louboutin. Elle assure que l'entreprise respecte toutes les exigences de la santé publique de Chaudière-Appalaches en période d'éclosion.

Au sujet de l'appel téléphonique à la police, Mme Louboutin affirme que la résidence n'a rien à voir avec cette situation qu'elle qualifie d'"inexplicable". "Il n’est pas dans nos pratiques de communiquer avec les autorités policières. Si les autorités policières ont été appelées, ce n’est pas notre personnel qui l’a fait", ajoute-t-elle.
Le Téléjournal avec Pascale Nadeau
Des aînés retenus dans leur résidence contre leur gré


Un appel à l'aide

Choqués, Pierre Lagacé et Denise Léonard ont communiqué avec le cabinet de la ministre responsable des Aînés afin de dénoncer la situation et d'obtenir de l’aide. "J’ai paniqué. Tout de suite, j’ai pensé à la ministre des personnes âgées. Je trouvais qu’il n’y avait pas d’humanité dans ça", témoigne Mme Léonard.

Après une intervention du cabinet de la ministre Marguerite Blais auprès du ministère de la Santé, le couple a reçu un courriel du CISSS
de Chaudière-Appalaches leur indiquant qu’il était finalement autorisé à quitter la résidence en respectant certaines conditions.

Le CISSS répond par courriel que les sorties des établissements en éclosion de COVID-19 sont permises si les "personnes concernées s’engagent à réaliser un isolement de 14 jours à partir de la sortie du milieu en éclosion, de ne pas revenir avant la fin de l’éclosion dans la résidence privée pour aînés. De plus, elles doivent avoir obtenu un résultat négatif à un dépistage réalisé dans les 48 à 72 h avant le départ."

Lorsque des personnes décident de quitter un milieu en éclosion, ils demeurent "suspectés" d'avoir la COVID, d’où les mesures mises en place par la résidence, précise la porte-parole du CISSS

Caroline Marcoux.

Après avoir reçu un résultat négatif à un deuxième test de dépistage le matin du 15 mai, le couple a pu quitter la résidence.
Autonomie

Des groupes de défense des droits des aînés critiquent la manière dont les personnes âgées sont traitées dans certaines RPA

depuis le début de la pandémie.

"C’est comme un frein à l'autonomie des personnes. Ça n’a pas de bon sens", déclare Judith Gagnon, présidente de la Table de concertation des aînés de la Capitale-Nationale.

Il y avait des mesures très strictes dans les RPA

" et il fallait qu’elles soient respectées en raison de la situation, mais c’est le style d’application qui varie d’une résidence à l’autre. À un moment donné, il y a tellement de consignes, que [les directions] pensent qu’ils ont le plein pouvoir sur des individus qui sont aptes", ajoute Judith Gagnon.

Ce n’est pas une prison, c’est une résidence où rester.
Une citation de :
Judith Gagnon, présidente, Table de concertation des aînés de la Capitale-Nationale

"Ça ne me surprend pas", lance Serge Séguin, directeur général de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR). Il constate plusieurs cas médiatisés où des aînés n'ont pas pu quitter leur résidence en raison de la pandémie.

Il affirme que ce genre de situation ne serait jamais arrivé dans un immeuble à logements. "Même si c'est une RPA"

", [...], c'est comme un immeuble à location ordinaire. La seule affaire, c'est qu'ils ont une certification et sont obligés d'offrir des services", précise-t-il.
Craintes

Le couple Lagacé-Léonard appréhende son retour à la résidence Mgr Deschênes, qui est prévu pour le 28 juin.

"On a [loué] un autre chalet parce que je ne suis pas capable d’aller rester dans cette [résidence-là]. J’ai peur d’être enfermée. Je vais vous dire, je n’ai jamais vécu ça. Je ne suis tellement pas bien avec ça que je ne suis pas capable d’y retourner", confie Denise Léonard.

Elle ne veut pas que d'autres personnes se retrouvent dans la même situation. "Il y a de vieilles personnes qui ne sont pas capables de se défendre, qui ne sont pas capables de parler".

Pierre Lagacé et Denise Léonard indiquent avoir entamé des démarches pour résilier leur bail et quitter la résidence Mgr Deschênes pour de bon.

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