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Fouilles à l’ancien hôpital Royal Victoria

par Jeromec, lundi 03 juillet 2023, 04:00 (il y a 1025 jours)

https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1992382/meres-mohawks-cour-fouille-mcgill

Fouilles à l’ancien hôpital Royal Victoria : des anomalies détectées

Des chiens spécialisés dans la détection de restes humains ont signalé des anomalies dans le sol de l’ancien hôpital.
L'entrée du pavillon Ross.

La Cour supérieure du Québec a donné le feu vert à des fouilles archéologiques sur le site de l'ancien hôpital Royal Victoria. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Julie Roy
Publié le 29 juin 2023

Le signalement d’anomalies dans le sol de l’ancien hôpital Royal Victoria par des chiens spécialisés dans la détection de restes humains a poussé les Mères mohawks à se tourner de nouveau vers la Cour supérieure du Québec, jeudi.

En avril dernier, une entente entre le regroupement des Mères mohawks (kanien’kehá:ka kahnistensera), la Société québécoise des infrastructures (SQI), l’Université McGill, l’Hôpital Royal Victoria, le CUSM

, la Ville de Montréal et les procureurs généraux du Québec et du Canada a été entérinée par la cour et a donné le feu vert à des fouilles archéologiques sur le site.

Cette entente faisait suite à la décision rendue en octobre 2022 par la Cour supérieure du Québec de suspendre les travaux d'excavation sur le site de l’ancien hôpital, qui fait l’objet d’un vaste réaménagement. La demande avait été formulée par les Mères mohawks qui suspectent que des enfants autochtones ont été enterrés à cet endroit.

Le 9 juin dernier, trois chiens spécialement entraînés pour retrouver des restes humains ont détecté des anomalies au même endroit dans la zone prioritaire des recherches. Les trois équipes ont procédé séparément, mais sont toutes arrivées au même résultat.

Depuis, les Mères mohawks constatent des failles dans la sécurité du site, qui est assumée par la partie défenderesse. Elles demandent de pouvoir prendre en charge cet aspect du processus, et aussi que l’entente avec les autres parties soit revue pour inclure une marche à suivre plus détaillée suivant la découverte des chiens pisteurs.
Les Mères mohawks en compagnie de deux hommes.

Les Mères mohawks, Karennatha, Karakwine, Kahentinetha et Kwetiio, entourées de l'anthropologue Philippe Blouin, leur accompagnateur, ainsi que de l'archéologue Karonhianoron. On les voit ici à leur sortie de la salle d'audience, jeudi, au palais de justice de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Julie Roy

"Des protocoles doivent être mis en place et des agents de sécurité autochtones doivent être déployés. C’est très important que le site soit protégé", explique Kwetiio, l’une des quatre Mères mohawks.

"Le fait que la défense soit responsable de la sécurité de ce possible cimetière clandestin, c’est un conflit d’intérêts majeur, poursuit-elle. Pour nous, c’est un risque."

L’archéologue mohawk qui participe aux recherches du panel d’experts désigné par les parties prenantes estime que le travail sur le terrain est compliqué.

"C’est difficile de naviguer à travers ce genre de situation, car il y a tellement de parties impliquées […] Les contracteurs [entrepreneurs] pour le nouveau projet sont aussi présents, a indiqué Karonhianoron. En raison du manque de sécurité, il y avait même des piétons sur le site pendant que nous faisions les recherches. C’est difficile pour moi de travailler comme ça."

Plus largement, les Mères mohawks déplorent le non-respect de certains éléments centraux de l’entente par les autres parties, dont l’accès à certaines archives de l’Hôpital Royal Victoria afin de progresser dans l’enquête.

Le délai prévu pour certains aspects cruciaux de l’entente, qui viendront à échéance dans 90 jours, crée aussi une certaine pression sur les plaignantes, qui peinent à obtenir les documents et les informations demandées aux institutions concernées.
La défense conteste

Les défendeurs ont contesté les demandes et affirmations des Mères mohawks jeudi, en cour, et ont affirmé qu’ils respectaient l’entente à la lettre.

En ce qui concerne l’accès aux archives médicales, l’avocate du CUSM

a soulevé des préoccupations par rapport à de possibles violations de la confidentialité. Le procureur général du Canada a quant à lui indiqué que beaucoup de documents ont été demandés par les plaignantes, ce qui ralentit les processus de traitement et de livraison.

Quant à la sécurité du site, les représentants de l’Université McGill et de la SQI
affirment que toutes les mesures nécessaires ont été mises en place "pour protéger l’accès à la zone d’intérêt". La SQI

a également indiqué que l’entente conclue en avril comprend les protocoles nécessaires pour aborder les prochaines étapes des fouilles et de l’enquête.

"La procédure entourant les vérifications archéologiques est encadrée par un panel d'archéologues nommés dans le cadre de l'entente avec les Mères mohawks. Par ailleurs, l’entente prévoit que des moniteurs culturels autochtones nommés par les Mères mohawks peuvent être présents pendant l’exécution des techniques archéologiques", a rappelé le directeur des communications de la SQI

Nicolas Murgia, par courriel.

La prochaine étape "impliquera l'utilisation d'un géoradar", mais "pour le moment, rien ne permet de confirmer ou d'infirmer la présence de sépultures", a ajouté M. Murgia.

Pour sa part, l’avocat du Bureau de l’interlocutrice spéciale indépendante, Me Julian N. Falconer, partageait l’avis des Mères mohawks concernant les limites du panel mis en place. Il a même fait état de dissensions au sein de l’équipe d'archéologues qui ne s’entendent pas sur la manière de procéder pour la suite.

Enfin, la Ville de Montréal a demandé à être retirée du dossier.

De cette audience, le juge Gregory Moore a conclu à des problèmes de communication entre les parties, qu'il ne croit pas opposées sur le fond de la démarche en cours. Il les a d’ailleurs encouragées à communiquer davantage hors cour, comme elles l’avaient fait pour élaborer leur entente.

Il a toutefois donné différentes options aux parties sur lesquelles elles devront se prononcer d’ici le 14 juillet. Il a proposé d’élargir le mandat du panel d’archéologues en ajoutant l’expertise manquante. La possibilité de retirer les délais prescrits à l’entente a aussi été évoquée. Enfin, les parties auront la possibilité de poursuivre les discussions devant la cour ou d’aller en médiation.
Des appuis précieux

Au sortir de la salle d’audience, les Mères mohawks étaient émotives, mais sereines.

La découverte des chiens pisteurs a confirmé plusieurs choses dans cette démarche qu’elles poursuivent obstinément, sans fléchir, sans même avoir de représentation légale.

"On se sent un peu mieux. On travaille là-dessus depuis si longtemps", a dit Kahentinetha.

"Nous avons demandé à l’esprit de nos enfants de nous guider dans ce qu’on fait, a-t-elle poursuivi. Nous savons qui sont ces enfants et ces personnes. Nous avons besoin que les gens continuent de nous encourager, qu’ils se tiennent à nos côtés. Maintenant, ce ne sont plus juste des ouï-dire; nous savons qu’il y a quelque chose là."

Des orphelins de Duplessis étaient présents pour les soutenir. Eux aussi, comme plusieurs Autochtones, sont passés par l’ancien hôpital Royal Victoria, plus précisément à l’Institut Allan Memorial de l'Université McGill.

Dans les années 1950 et 1960, des expérimentations y ont été conduites par le Dr Donald Ewen Cameron dans le cadre du programme MK-Ultra, piloté par la CIA

.

Des séances massives d’électrochocs, de gavage [pour administrer des médicaments] et de privation sensorielle ont été menées sur des cobayes humains. Des témoignages récoltés par les Mères mohawks laissent croire que des victimes de ce programme pourraient avoir été enterrées anonymement sur le site.
Sidney Gottlieb et un autre homme dans une salle d'audience.

L’ancien directeur du programme MK-Ultra, Sidney Gottlieb (à gauche), a comparu devant une commission sénatoriale en 1977.

[image]
Dans sa décision d’octobre 2022, le juge Moore avait demandé à ce que des fonds soient prévus pour qu’une enquête médico-légale et archéologique soit menée par une équipe d'enquête indépendante dirigée par les Mères mohawks et par les survivants des expériences du Dr Cameron.


"Ce processus doit être significatif, insiste Kwetiio. Ce n’est pas seulement la vie de ces enfants qui est importante; leur mort l’est aussi. Elle peut mener notre société à devenir meilleure, à apprendre ce qui s’est passé et à s’assurer que ça ne se reproduise jamais"
.'.


Et dire qu'il n'y pas si longtemps 'MK Ultra de l'Uniersité Mc Gill à un jet de pierre du bureau du premier ministre... c'était encore une vilaine théorie du Complot...

Le Québec géré comme des Rats de LAboratoire... ? pour moi ça ne fait plus l'ombre d'un doute...:-D

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