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Et pour équilibrer le tout, l'autre côté de la médaille !

par Baryton, Au coeur des pays d'en haut, lundi 27 juillet 2020, 00:54 (il y a 2115 jours) @ aiki

L’effet boomerang

par Pierre Rimbert

Au matin du 26 juin 2016, lorsque courtiers de la City et politistes londoniens découvrirent le résultat du référendum sur le Brexit, ils firent pour calmer leur épouvante le raisonnement suivant : si les provinces désindustrialisées avaient choisi de quitter le train du progrès européen, c’est forcément qu’on leur avait menti. Six mois plus tard, avocats d’affaires new-yorkais et développeurs de San Francisco ne s’expliqueraient pas autrement l’élection de M. Donald Trump : sur les réseaux sociaux, des « trolls » russes avaient intoxiqué les ploucs du Midwest. Les fake news, concluaient-ils, provoquaient les mêmes ravages sur l’information que le populisme sur la politique. Les deux d’ailleurs ne faisaient qu’un.

Cette conviction-là signe l’aveuglement d’un groupe social, celui des diplômés du supérieur qui partout occupent le pouvoir. Aux États-Unis, 600 000 « morts de désespoir » (suicide, overdose, alcoolisme) recensés entre 1999 et 2017 chez les Blancs peu instruits âgés de 45 à 54 ans (1) n’ont pas suffi à faire de cette hécatombe une question médiatique majeure — du moins jusqu’à l’élection de M. Trump. En France, un rapport officiel qui évaluait à 192 000 le surcroît de décès dans le bassin minier du Nord au cours des 65 dernières années — près de 3 000 morts par an, donc —, n’a fait l’objet d’aucune reprise dans les médias nationaux l’année de sa publication (2). Ici, pas de « fausses nouvelles » : pas de nouvelles du tout.

Démocrates new-yorkais et technocrates européens ont trouvé dans les médias dominants l’allié naturel pour guerroyer contre le « populisme » informationnel

Deux mondes disjoints, dont l’un détient, en plus du reste, le monopole de l’information sur l’autre : il n’en fallait pas davantage pour qu’une partie de la population prête par contrecoup crédit à tout ce dont la presse « officielle » ne parle pas. Quand on vit une « réalité alternative » à celle que relate le New York Times, les « faits alternatifs » loufoques démentis dans ses colonnes jouissent de ce seul fait d’une présomption de vérité. Pareille situation ouvrait aux démagogues de la droite conservatrice un boulevard qu’ils ont emprunté sans tarder. Ainsi, depuis quelques années, la bataille idéologique s’est-elle déplacée sur le terrain des médias et de l’information.

En 2019, M. Trump a utilisé 273 fois l’expression fake news dans ses tweets (3), tant pour galvaniser ses troupes que pour renvoyer ses critiques au même néant que celui où le Washington Post confine les porteurs de casquettes rouges « Make America Great Again ». Interrogé par Fox News (25 juin 2020) sur cette stratégie, le président américain a expliqué : « Je ne pense pas avoir le choix. Si je ne m’attaquais pas aux médias, je vous garantis que je ne serais pas ici avec vous ce soir. » De la Hongrie à la Pologne en passant par le Brésil, les « hommes forts » au pouvoir lui ont emboîté le pas.

À l’inverse, les dirigeants libéraux ont érigé en priorité politique la lutte contre les « infox » disséminées sur les réseaux sociaux. « La montée des fausses nouvelles est aujourd’hui totalement jumelle de cette fascination illibérale », affirmait M. Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse le 3 janvier 2018. « Nous devons allouer plus de ressources à la lutte contre la désinformation », a exhorté en juin dernier M. Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, alors qu’un document de l’Union accusait « certains pays tiers, en particulier la Russie et la Chine », de mener des « campagnes de désinformation » visant « à miner le débat démocratique, à exacerber la polarisation de la société (4) ».

Démocrates new-yorkais et technocrates européens ont trouvé dans les médias dominants l’allié naturel pour guerroyer contre le « populisme » informationnel que constituent à leurs yeux les fake news. Les uns et les autres jugeant les sociétés libérales aussi apaisées, satisfaites et unies qu’ils le sont eux-mêmes, tout propos susceptible d’« exacerber la polarisation » doit tomber sous le coup de la loi. Cette fusion du pouvoir et du contre-pouvoir a pris en mai dernier une forme cocasse quand le site Internet du gouvernement français recommandait la lecture d’articles du Monde ou de Libération pour tordre le cou aux fausses rumeurs sur l’épidémie de Covid-19, au point d’embarrasser les bénéficiaires de cette publicité intempestive. Des législations anti-infox votées en France ou en Allemagne, des éditoriaux du New York Times et du Guardian suinte un même ensemble de certitudes : les grandes entreprises journalistiques détiennent le monopole de la vérité ; les critiquer, c’est attaquer la démocratie. Il y a quelque chose de touchant à voir deux institutions zombies, les médias d’information et la démocratie libérale, se faire la courte échelle.

Car comment croire encore à leur fable ?

Les faux charniers de Timişoara (1989), les bobards de la guerre du Kosovo (1999), les mensonges de la guerre du Golfe (2003), le dénigrement médiatique des mouvements sociaux, la négation des violences policières, les faux scoops érigés en révélations furent relayés par les plus prestigieux organes journalistiques. Plus puissantes qu’une armée de « bots » chinois, les chaînes d’information en continue en quête d’audience et les algorithmes de Facebook avides de clics sont les usines à fake news officielles de nos sociétés si éprises de vérité qu’une vague de licenciements économiques s’y nomme « plan de sauvegarde de l’emploi ». Le journalisme de marché avait presque épuisé son crédit quand la démesure affabulatoire de M. Trump lui a fourni matière à se ravigoter. Vétuste béquille : le prochain effet boomerang s’annonce spectaculaire.

Source : L'effet boomerang
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Prise de position


par James Howard Kunstler

Rien ne bouge et rien ne veut bouger, ni même penser à bouger, sous ce dôme de chaleur punitif. Pour l’instant, la nation endolorie est plongée dans un silence effroyable. Le mystérieux consensus de la foule des BLM a appuyé sur le bouton « pause » lors de crises de colère dans les rues, bien que de nombreux dommages aient été causés aux entreprises, aux vies personnelles, aux monuments non défendus et à l’intérêt public. Chaque jour est un nouveau pas effrayant vers le défaut de paiement massif, car les loyers, les hypothèques, les prêts automobiles, les primes d’assurance, les factures d’électricité, les dettes des entreprises et d’autres obligations courantes restent impayés. C’est comme un de ces intermèdes inquiétants sur un champ de bataille où les forces s’arrêtent pour rassembler leurs blessés et réévaluer leurs positions.

Peut-être êtes-vous, comme moi, sceptique face aux informations sur la recrudescence des cas de Covid-19 – ou, plus exactement, sur ce que cela signifie réellement. Les cas peuvent augmenter, mais les décès sont en baisse. Les mégaphones des médias tels que CNN et le New York Times vendent avec empressement un maximum d’hystérie pour provoquer un nouveau blocage des affaires, assurant une nouvelle destruction de l’ancienne économie de service et, plus important encore, pour dénigrer Trump. Je me demande si le virus est, en fait, près de s’éteindre et si la recrudescence des cas signifie qu’il n’y aura bientôt plus de nouvelles victimes. Combien de porteurs asymptomatiques existe-t-il ? Nous ne le savons pas, mais d’ici le mois d’août, nous aurons une idée.

Il est certainement dans l’intérêt de la Résistance du Woke et de ses inquisiteurs dans les médias du Woke de maintenir le volume sur l’hystérie de Covid-19. C’est crucial pour leur stratégie de forcer à un système de vote par correspondance qui inviterait facilement à la fraude électorale. C’est aussi une couverture pour garder leur candidat principal momifié, Joe Biden, pourrissant silencieusement dans son sous-sol comme le fantôme d’Hubert Humphrey, ainsi qu’une excuse pour éviter une véritable convention à Milwaukee, qui obligerait Biden à s’exprimer devant un énorme public en direct. Imaginez la mortification.

Tout comme je ne suis pas convaincu de la signification de la montée en puissance de la Covid-19, je n’achète pas les sondages qui montrent que Biden a dix points d’avance sur Trump. Je soupçonne que de nombreux électeurs n’ont pas été satisfaits du règne de terreur déclenché en juin par les maires et les gouverneurs Démocrates, et n’ont pas manqué de remarquer exactement comment tout cela s’est passé. Et il est bien connu maintenant, quatre ans après la dernière élection et son scrutin de si mauvais goût, que de nombreux électeurs ne révèlent pas leurs véritables intentions aux enquêteurs – par crainte de la diffamation qu’ils susciteraient.

J’ai reçu beaucoup de lettres et de commentaires ces derniers temps, condamnant mon incapacité à faire tout ce qui est en mon pouvoir contre Trump. Je vais donc exposer clairement ma position actuelle : Je n’ai pas voté pour lui la dernière fois, mais je voterais pour lui cette fois-ci afin de maintenir le Parti Démocrate hors du pouvoir. Il y a beaucoup de choses à ne pas aimer chez Trump, dans sa personnalité et ses manières. Mais il y a beaucoup plus à craindre de la perspective d’un contrôle du gouvernement par le parti Démocrate. Leur inimitié à l’égard de la liberté d’expression ne peut être mise en doute après une décennie de promotion de la culture de l’annulation. Leur appétit pour la coercition est en contradiction avec la Déclaration des droits. Leur mauvaise foi et leur malhonnêteté ont été mises en évidence par tous les mélodrames concoctés autour du RussiaGate et de ses ramifications. Leur programme économique est un mélange de tous les régimes de planification centrale défaillants du XXe siècle et il est totalement incompatible avec les nouveaux impératifs de réduction d’échelle et de relocalisation des véritables activités productives de la vie quotidienne dans ce pays.

Au-delà des difformités de la présentation personnelle de Trump, je suis plus favorable aux grandes lignes de sa politique. Je suis pour un contrôle strict des frontières de la nation et franchement pour une réduction de l’immigration. Il est clair que le mondialisme est en train de s’essouffler et la volonté de Trump de produire davantage de ce dont nous avons besoin ici en Amérique est en phase avec cette réalité. Trump a pris soin d’éviter de nouvelles mésaventures à l’étranger – bien que l’establishment militaire et ses copains dans les industries de guerre aient fait obstacle à la volonté du président d’abandonner les anciennes aventures encore poursuivies dans des endroits du Moyen-Orient et de l’Asie occidentale. Je soupçonne que Trump aurait pu accomplir davantage dans l’intérêt de la nation s’il n’avait pas été traqué, harcelé et saboté par les hostilités incessantes de mauvaise foi de ses opposants depuis le 8 novembre 2016.

Je ne suis pas sûr de la façon dont Trump a géré les difficultés financières du pays, et en particulier l’accumulation d’une nouvelle dette épique, mais il y a de nombreuses preuves que le Parti Démocrate ferait bien pire en dépensant de l’argent qui n’existe pas et en détruisant ce qui reste de la capacité de production du pays, ainsi que ce qui reste de la classe moyenne. Je crois que quiconque a réussi à rester sain d’esprit au cours des quatre dernières années ne peut manquer de voir que Joe Biden, cliniquement incompétent, est manifestement un cheval de bataille pour quelque chose de plus sinistre. Je pense que nous apprendrons ce que c’est avant longtemps.

Note du Saker Francophone

L'auteur prend une position publique courageuse qui lui sera forcément reprochée sur la base de sa raison et malgré les réserves qu'il a contre Trump. Ceux qui nous suivent ont pu noter depuis 4 ans, le virage progressif de cet auteur face à l'évidence.

Source : Prise de position

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